C'est la nuit que l'on passe les plus beaux jours...

Mi juillet, 03h.30, il fait chaud. Guidé par le faisceau de la frontale, je progresse sur le sentier longeant le haut des falaises. 500 mètres plus, au bord du lac, les bergers commencent la traite des vaches; leur journée de travail s'achèvera dans une vingtaine d'heures...

Le bruit de la "diure"(torrent sortant directement du glacier) devient assourdissant et donne à ce lieu un caractère sévère que la présence de sa majesté le Grand Combin, juste au-dessus de ma tête, accentue. Encore une demi-heure, en suivant le bord du torrent, pour atteindre l'affût. La lampe est dans la poche car les aigles sont certainement là, et c'est à tâtons que l'affût est atteint à 04h.30, comme d'habitude.

L'aire se situe 400 m. devant le bloc qui sert d'abri, à l'horizontale. Lorsque le ciel s'éclaire, tout est prêt, l'attente peut commencer. Objectif de cette cinquième journée d'affût: Saisir une image d'un adulte en vol, si possible de face.

Les aigles sont là, à quelque part sur un perchoir permettant d'avoir un oeil sur l'aire. En multipliant les jours d'affût, il devient aisé de les repérer à la jumelle...

Ce matin, rien... Jusqu'à ce cri qui me fit sursauter! Un adulte se pose au sommet de la falaise qui se dresse à ma gauche. Plus question de bouger!

Une heure et demi plus tard, lorsque les premiers rayons viennent lécher les falaises, il s'envole, fait un passage devant le nid afin de s'assurer que le "petit" a bien passé la nuit, et s'en va. Je ne le reverrai pas aujourd'hui...

Vers 16h., les membres engourdis, je prends le chemin du retour.matin envol

L'image souhaitée sera peut-être pour demain... Demain, demain, toujours demain...

 

Retour