Enfin...

Il fait noir, impossible de progresser sans l'aide de la frontale. Le vide est palpable et le point lumineux hésitant du berger qui surveille ses bêtes, 500m. plus bas, le confirme. Il reste 50m. à parcourir pour atteindre le nouveau poste d'observation, 50m. où la glissade n'est pas une option, à moins d'apprendre très vite à voler...

Le jour pointe et, vers l'est, un ourlet bleu roi dessine le contour des montagnes. Couché sur ma vire, je réalise bien vite que je ne tiendrai la journée dans cette position inconfortable. Le soleil inonde la vallée lorsque je craque et décide de bouger. Les membres endoloris, je me déplace d'une vingtaine de mètres pour m'asseoir confortablement, adossé à la paroi, surplombant le vide. C'est pas pour aujourd'hui car les aigles ont eu tout loisir de me voir me déplacer à découvert...

Les chocards, jouant avec les courants ascendants, présentent une bonne situation pour se familiariser avec la prise de vue d'oiseaux en vol. Les rafales d'images s'enchaînent. Soudain, entre les pieds, 50m. en dessous, l'aigle longe la falaise, ses rémiges frôlent le rocher. En 2 ou 3 aller-retour, il est à ma hauteur, va jusqu'au bout de la falaise et tourne. L'oiseau arrive face à moi, l'autofocus l'à intercepté et le doigt tremblant enfonce le déclencheur. Le garder dans le cadre; il faut le garder dans le cadre!...

A 10 m. de moi, l'oiseau m'aperçoit et fait un écart.

Quelle émotion!! Enfin cette image dont j'avais si souvent rêvé et après laquelle je cours depuis plusieurs mois...

Une fois de plus, dans la nature, les choses arrivent au moment où l'on s'y attend le moins. Force est de constater :"Qu'on ne sait jamais"....

Ce sera l'image de l'été 2015...

Aigle face

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