Un affût trop confortable...

Jamais un affût n'aura été si confortable: Chauffage, cuisine, couchettes, toilettes et, cerise sur le gâteau, une vitre légèrement teintée donnant directement sur la carcasse d'un chamois, sans doute victime du rut, trouvé 500 m. plus haut, au pied d'une barre rocheuse.

L'idée est d'y rester trois jours, en ne sortant que la nuit, pour les urgences...

Le deuxième jour, le réveil sonne à 4h. Très vite, le feu crépite et, dans la cabane, la température grimpe agréablement. En ouvrant la porte derrière laquelle la vitre d'observation est en place depuis la veille, j'aperçois, dans la lueur blafarde de l'aube, la silhouette du goupil qui prend son "tit déj."

En attendant la lumière, je déjeune et prépare le matériel. La température est agréable et la journée d'affût s'annonce des plus confortable.

Vers 08h. 30, j'ouvre complètement la porte et m'installe derrière la vitre. Un aigle royal s'acharne sur la carcasse. D'un seul coup, à ma grande surprise, la buée se forme sur la vitre froide et gèle aussitôt. Impossible de prendre une image!! J'essaie de gratter avec mes ongles. Le rapace me voit et s'envole; il ne reviendra pas de la journée...

Première leçon: Il ne faut pas chauffer la cabane...

Au matin du troisième jour, fort de mon expérience, emmitouflé dans mes duvets, je suis à l'affût derrière ma vitre. Un couple de craves me fait une petite visite; sympa! A la mi-journée, un aigle, sans doute un mâle, vient se nourrir. Après son départ, je visionne les images : Tout est flou...!

Deuxième leçon: Il faut retirer la vitre...

L'aigle revient en fin de journée et quelques images viendront récompenser ces trois jours de patience...

Moralité: ATTENTION AU CONFORT !!

Aigle les Rosses

 

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